jueves, 13 de noviembre de 2014

Les élements de liguistique générale André Martiné

Description


Cet ouvrage se veut une présentation réaliste de l'ensemble des faits de langue (analyse phonologique, unités significatives, description et évolution des langues), des principes et des méthodes de la linguistique, sans formalisme ni a priori théorique abusif. L'accent est mis autant sur la fonction des unités linguistiques que sur les structures qu'elles constituent. De nombreuses fois réédité, ce classique de la linguistique est une introduction essentielle au langage et à la langue. --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.


Double articulation du langage

Cette relation entre le signifié et le signifiant nous amène à faire une autre distinction qui nous paraît importante du point de vue linguistique. Il s'agit de la double articulation du langage (deux types d'unités découpées sur deux niveaux distincts). Selon André Martinet, la langue s'organise sur deux niveaux qui opèrent de façon différente. Pour lui, les unités qui s'enchaînent dans le discours ne s'enchaînent pas de la même façon et au même niveau.

André Martinet propose donc que la langue contient :
a) des unités de première articulation: les morphèmes (unités minimales de signification). Ce sont des noms (arbre, crayon, maison, etc.), verbes (manger, écrire, rêver, etc.), adjectifs (bleu, grand, rapide, etc.), etc. On note aussi que les "parties de mots" (comme le "-ons" dans le verbe "mangerons", ou le "eur" dans "réparateur") qui ont une valeur grammaticale sont aussi appelées des morphèmes et qu'elles sont aussi porteuses de sens. En effet, à chaque fois qu'un verbe se termine par un "-ons", les locuteurs du français reconnaissent que le sujet est une première personne du pluriel ("nous"), peu importe le verbe.

Ex. 1:
a. "Je viens." (2 morphèmes)
b. "Je viendrai." (3 morphèmes)

1-je: pron. pers.
2-vien-: verbe venir
3-drai: futur, 1ere personne du sing.

Ex. 2 (utilisation du morphème "-ons"):
a. Nous viendrons.
b. Isabelle et moi voterons pour Steven Harper.

Ce qu’il faut comprendre à ce moment et ce en quoi cette notion se rattache avec la sémiologie est que ces morphèmes sont constitués d'un signifiant ET d'un signifié.

L'analyse de la langue en morphèmes, champ d'étude fascinant, sera abordée de façon plus détaillée lorsque vous ferez de la morphologie dans le deuxième cours d'introduction offert au département (Fren 370).

b) des unités de seconde articulation: les phonèmes (unités minimales distinctives). Ce sont des sons distinctifs (ils changent le sens d'un mot (pont-bon, quand-banc) sans qu'ils ne soient porteurs de sens) propres à une langue.

Ces phonèmes ne sont constitués que d'un signifiant, sans signifié.
Autre illustration de la double articulation du langage: Combien de mots d’une seule syllabe pouvez-vous former qui se terminent par le son « -on »? Un étudiant bien inspiré pourrait arriver à cette simple liste qui contient un bon nombre de mots différent seulement par leur première consonne et qui se terminent tous par le son "-on":

pont
bon
ton / taon
don / dont
con / qu’on
gong
font / fond
vont
son / sont
jonc
mon
non
long
rond

La langue peut donc "optimiser" son système en formant un grand nombre de mots différents avec une seule modification (remplacer un seul son) plutôt que de créer un nouveau mot complètement différent à chaque fois. Ceci est possible seulement par l’existence d’unités sans sens (les sons, ou phonèmes) que l’on peut substituer les unes aux autres pour changer le sens d’un mot. Cette particularité de créer un système productif contenant deux niveaux d'organisation pour communiquer constitue une différence majeure entre les systèmes de communication utilisés entre animaux et ceux utilisés par les humains.

En résumé, lorsque nous parlons de double articulation du langage, nous parlons de deux niveaux d'organisation du langage:
a) première articulation, les morphèmes (qui ont un signifié et un signifiant)
b) deuxième niveau d'organisation: les phonèmes (qui n'ont qu'un signifiant)


LES TRAITS DISTINCTIFS

Un phonème être décrit comme un faisceau de traits distinctifs. Un trait distinctif est ce qui maintient un phonème différent de tous les autres du système. On dit ainsi de /d/ qu'il est apical (ce qui l'oppose à /b/), sonore (ce qui l'oppose à /t/), et occlusif (ce qui l'oppose à /z/); de /i/ qu'il est fermé et antérieur. Les phonèmes /l/ et /r/ qui se définissent par un seul trait (la-téral pour /l/ et vibrant pour /r/), sont appelés phonèmes non intégrés. La notion de trait distinctif est très importante pour organiser le système d'une langue: elle permet de s'apercevoir que c'est, en français, le même trait dis-tinctif (sonore/sourde) qui oppose /b/ à /p/, /d/ à /t/, /v/ à /f/...

On dit qu'il y a corrélation de sonorité en français, et l'on peut représenter : /b/ comme comportant le trait [+ sonore], là où /p/ a le trait [—sonore].

CLASSIFICATION DES MONÈMES

Martinet propose une classification des monèmes selon leur fonction dans l'énoncé. Dans l'exemple : « Hier, il y avait fête au village »
Le monèmes autonome.
Comme « hier », « demain », « aujourd'hui ».
Le monèmes fonctionnel
comme « au » « à » « vers » « par »
Le syntagme indépendant
« en voiture », « avec mes valises », « par la fenêtre ».
Le syntagme prédicatif.
Comme « il y avait fête au village »
Martinet affirme que seul le syntagme prédicatif est important pour la communication , tout le reste est « expansion ».

Distinction entre les notions de la langue selon Ferdinand de Saussure et André Martinet

Saussure a élaboré, la notion que la langue est une structure, mais André Martinet conçoit la langue comme un instrument de communication. Considéré comme le fondateur de la linguistique moderne, Ferdinand DE SAUSSURE définit la langue comme étant à la fois « un produit social de la faculté de langage et un ensemble de conventions nécessaires, adoptées par le corps social pour permettre l'exercice de cette faculté chez les indivi-dus.»

Pour DE SAUSSURE, la langue est un trésor déposé par la pratique de la pa-role dans les sujets appartenant à une même communauté, un système grammatical existant virtuellement dans chaque cerveau, ou plus exacte-ment dans les cerveaux d'un ensemble d'individus ; car la langue n'est com-plète dans aucun, elle n'existe parfaitement que dans la masse.6(*)
Saussure, est un système de signes homogène qui « est la partie sociale du langage, extérieure à l’individu »

Pour MARTINET en effet, une langue est un instrument de communication selon lequel l'expérience humaine s'analyse, différemment dans chaque communauté, en unités douées d'un contenu sémantique et d'une expres-sion phonique, les monèmes ; cette expression phonique s'articule à son tour en unités distinctives et successives, les phonèmes, dont la nature et les rapports diffèrent, eux aussi, d'une langue à une autre.

Biographie de Roman Jakobson

Roman Jakobson (1896-1982) a été un des plus grands maîtres de la linguistique du XXe siècle. Né en Russie, membre, dès 1915 de l’école des formalistes russes, Jakobson enseigna entre les deux guerres en Tchécoslovaquie et fut, avec N. Troubetzkoy, un des chefs de file du fameux Cercle linguistique de Prague. Lors de l’invasion de la Tchécoslovaquie par les nazis, il est contraint de fuir en Scandinavie, d’où il gagne les États-Unis en 1941. De 1942 à 1946, Jakobson enseigne à l’École libre des hautes études de New York, où il collabore avec C. Lévi-Strauss.

En 1943, il apparaît parmi les fondateurs du cercle linguistique de New York, dont il assumera la vice-présidence jusqu’en 1949. À partir de 1943, il enseigne dans de nombreuses institutions, entres autres à l’Université Harvard et au MIT. Jakobson a, par son enseignement aux Etats-Unis, contribué à abolir les frontières entre la linguistique européenne et la linguistique américaine. Il a exercé une profonde influence sur la linguistique générale (notamment dans les travaux de N. Chomsky et M. Halle), les études slaves, mais aussi la sémiotique, l’anthropologie, la psychanalyse, l’ethnologie, la mythologie, la théorie de la communication, les études littéraires. En sémiotique, son célèbre modèle des fonctions du langage fait partie du patrimoine intellectuel de la discipline.

http://www.scienceshumaines.com/index.php?id_article=4522&lg=fr

Cadre de l'échange linguistique

Cadre de l'échange linguistique

D'après Roman Jakobson, « le langage doit être étudié dans toutes ses fonctions ». C'est-à-dire que le linguiste doit s'attacher à comprendre à quoi sert le langage, et s'il sert à plusieurs choses. « Pour donner une idée de ses fonctions, un aperçu sommaire portant sur les facteurs constitutifs de tout procès linguistique, de tout acte de communication verbale, est nécessaire ». Les voici :

·  Le message lui-même ;
      « Le destinateur envoie un message au destinataire » ;

·     Le destinataire est censé recevoir le message ;
  « Pour être opérant, le message requiert d'abord un contexte auquel il renvoie (c'est ce qu'on appelle aussi, dans une terminologie quelque peu ambiguë, le "référent"), contexte saisissable par le destinataire, et qui est soit verbal, soit susceptible d'être verbalisé »

·         « Le message requiert un code, commun, en tout ou au moins en partie, au destinateur et au destinataire (ou, en d'autres termes, à l'encodeur et au décodeur du message) » ;

·         « Le message requiert un contact, un canal physique et une connexion psychologique entre le destinateur et le destinataire, contact qui leur permet d'établir et de maintenir la communication


Une présentation réaliste des principes et des méthodes de la linguistique, sans formalisme, ni a priori théorique. --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.







La fonction référentielle
Cette fonction concerne principalement le référent auquel renvoie le message. Autrement dit à cet état du monde dont parle le message. Il s'agit de la fonction informative de tout langage.

La fonction expressive
Elle est centrée sur le destinateur, sur l'émetteur et lui permet d'exprimer son attitude, son émotion, et son affectivité par rapport à ce dont il parle. Tous les traits dits suprasegmentaux - intonation, timbre de la voix, etc. - du langage parlé se rattachent à la fonction expressive.

La fonction conative
Elle est centrée sur le destinataire. Il s'agit de reconaître au langage une visée intentionnelle sur le destinataire et une capacité d'avoir sur ce dernier un effet. C'est cette dernière orientation qui a été développée par les pragmaticiens à la suite de la théorie des actes du lanagage développée par Austin J.L. (1970), Quand dire, c'est faire, Paris, Seuil. Les formes grammaticales qui permettent l'instanciation de cette fonction sont par exemple le vocatif, l'impératif.

La fonction phatique
Cette fonction sert "simplement" à établir la communication, à assurer le contact et l'attention entre les interlocuteurs. il s'agit de rendre la communication effective et effective. Je dis "simplement" avec une certaine ironie, car tous ceux qui sont habitués aux formes de communication médiatisée par oridnateur savent combien l'absence de ces modalités de régulation de la communication peuvent en entraver la convivialité et l'efficacité au sens le plus strict.

La fonction métalinguistique
la fonction méàtalinguistique répond à la néàcessitàé d'expliciter parfois les formes mêmes du langage. A chaque fois que je m'assure que mes interlocuteurs partagnet le même code que moi et, comme moi appellent bien un chat un chat, je fais appel à la capacité qu'a la langue de pouvoir expliciter ses propres codes, ses propres règles et son propre lexique. Autrement dit, quand je demande à mon interlocuteur "Qu'entends-tu exactement quand tu dis <galetas> ?" Je mets en oeuvre 
la fonction métalinguistique.

La fonction poétique
Cette dernière fonction met l'accent sur le message lui-même et le prend comme objet. Il s'agit donc de mettre en évidence tout ce qui constitue la matérialité propre des signes, et du code. Il s'agit de tous les procédés poètiques tels que l'allitération (le célèbre Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes), les rimes, etc. Un peu comm un peintre qui travaille d'abord sur la couleur et la lumère avant de "représenter une scène"... Historique,ment c'est sans doute là la rupture de l'impressionisme. Et plus tard celle inaugurée par le Carré blanc de Malevitch.