jueves, 13 de noviembre de 2014

Biographie Nicolaï Troubetzkoy


Nicolaï Troubetzkoy est un linguiste russe, membre du Cercle linguistique de Prague. Professeur à l'Université de Vienne, il est persécuté par les nazis suite à une publication critiquant les théories d'Hitler et meurt d'une attaque cardiaque : ses travaux demeurent inachevés. 

Travaux 

Troubetzkoy fonde la morphophonologie avec Roman Jakobson, lui aussi membre du cercle de Prague. Il meurt avant de finir ses travaux, portant notamment sur la phonologie, plus particulièrement sur la définition du phonème. Ses travaux, diffusés posthumément, furent cruciaux quant à la phonologie.

LA PHONOLOGIE FONCTIONNELLE

LA PHONOLOGIE FONCTIONNELLE
La phonologie étudie les unités de deuxième articulation : les phonèmes. Les phonèmes constitue le moyen d'établir du sens, et contribuent au fonctionnement de la langue, grâce à leur fonction dans la communication.

SON vs PHONEME
Quelle est la différence entre un son et un phonème? La langue en tant que système se réalise dans la parole. Chaque locuteur utilise la langue pour produire de la parole. La parole en tant que chaîne parlée constitue l'aspect concret de la langue et utilise des sons. Les sons ou substance phonique peuvent faire l'objet d'une analyse matérielle, et être étudiés en eux-mêmes dans leur réalité physique, abstraction faite du fait qu'ils ne sont que le moyen de la communication linguistique. Ce type d'analyse est pris en charge par la phonétique. Mais les sons ont également une fonction dans la langue pour la production du sens . Par exemple les sons [r] et [l] de notre exemple précedent , servent à distinguer les unités significatives [barre] et [balle] donc /r/ et /l/ ont une fonction distinctive dans la langue : ce sont des phonèmes. Les sons sont une substance concrète, ils appartiennent à la parole tandis que les phonèmes sont des concepts, ils sont des formes, ils appartiennent à la langue.Ils sont étudiés par la phonologie.

SYSTEME PHONETIQUE vs SYSTÈME PHONOLOGIQUE
Pour bien aborder la distinction historique entre la phonétique et la phonologie, il faut se reporter aux définitions des termes (langue, parole), (phonème et son), telles qu'elles ont été formulées par Saussure et Troubetzkoy.À partir de cette dichotomie langue/parole, Troubetzkoy (1964) établit la distinction, et même l'opposition entre la phonétique, qui étudie les sons de la parole sans se soucier de leur rôle dans la langue à laquelle ils appartiennent, et la phonologie qui les étudie en fonction de leur rôle dans cette langue. En d'autres termes, la phonologie est à la phonétique ce que la langue est à la parole. S'il est vrai que nos organes phonatoires nous permettent de produire une infinité de sons différents - ce que montre d'ailleurs l'analyse scientifique de nos productions orales - le fonctionnement d'un code linguistique ne requiert qu'un nombre limité (quelques dizaines) d'unités phoniques, appelées phonèmes, et organisées en un système économique, cohérent et équilibré. Ce système fonctionne sur la base d'oppositions des divers éléments. C'est un ensemble structuré où chaque phonème n'a de valeur que par opposition aux autres phonèmes du système. Il varie selon les langues.
Ainsi /z/ et /s/ sont deux phonèmes du français : [Caser/Casser]; [Raser/Racé]. Mais en espagnol /s/ et /z/ constituent un seul et même phonème. A l'opposé, un phonème peut se réaliser en des sons différents (appelés variantes, réalisations phonétiques, allophones).


SUBSTITUTION et COMMUNTATION.
L'analyse fonctionnelle phonématique est basée sur les techniques de substitution et de commutation, pour déterminer le système phonologique. Des sons différents sont considérés comme des phonèmes différents si et seulement si, dans le même contexte phonique, leur substitution change le sens du message. On appelle phonèmes corrélatifs ou phonèmes intégrés des séries ou plusieurs paires de phonèmes qui se distinguent par l'absence ou la présence d'un seul trait (appelé marque de corrélation)
Exemple : /t/d/n; /p/b/m/; /f/v/....

LES TRAITS DISTINCTIFS
Un phonème être décrit comme un faisceau de traits distinctifs. Un trait distinctif est ce qui maintient un phonème différent de tous les autres du système. On dit ainsi de /d/ qu'il est apical (ce qui l'oppose à /b/), sonore (ce qui l'oppose à /t/), et occlusif (ce qui l'oppose à /z/); de /i/ qu'il est fermé et antérieur. Les phonèmes /l/ et /r/ qui se définissent par un seul trait (latéral pour /l/ et vibrant pour /r/), sont appelés phonèmes non intégrés. La notion de trait distinctif est très importante pour organiser le système d'une langue: elle permet de s'apercevoir que c'est, en français, le même trait distinctif (sonore/sourde) qui oppose /b/ à /p/, /d/ à /t/, /v/ à /f/...

On dit qu'il y a corrélation de sonorité en français, et l'on peut représenter : /b/ comme comportant le trait [+ sonore], là où /p/ a le trait [—sonore].

Phonologie Fonctionnelle: objet et méthode

La méthode praguoise peut être schématisée ainsi: on ttribue à l’objet langue —par hypothèse— des caractéristiques fonctionnelles dont découlent des propriétés structurales. Une telle conception de la langue confère à la théorie linguistique un objet concret. Troubetzkoy définit l’objet linguistique non isolément, mais en l’associant à ses propriétés fonctionnelles. Plus précisément, l’objet est défini par sa fonction. Si —et dans la mesure où— ces propriétés structurales sont vraies, elles peuvent être observées dans l’intuition (et le comportement) du sujet parlant. De l’axiome que la langue est un instrument de communication, découle la corrélation signifiant/signifié. Dès lors, le sujet parlant français reconnaît — tant dans son rôle d’émetteur que de récepteur — les mots; il connaît /mal/ mal, /pal/ pal et /bal/ bal, et les reconnaît comme des mots distincts ayant des significations différentes. L’axiome «phonème-unité distinctive» (ou le signifiant linguistique est articulé en phonèmes) implique que le francophone reconnaît et distingue /m/, /p/ et /b/. L’épreuve de la commutation résulte par implication logique de la fonction du phonème. La phonologie se donne ainsi un objet concret, susceptible d’observation hic et nunc et de contrôle empirique. Ce, sans confondre phonème (unité linguistique) et son (phénomène physique). Noter que le modèle praguois (Troubetzkoy: 1939) propose, pour les éléments phoniques de la langue, d’autres fonctions —comme fonction démarcative, fonction culminative— permettant de définir d’autres types d’éléments phoniques comme l’accent. Les thèses de la phonologie ont rencontré des résistances6 comme toutes les idées nouvelles. Passé une phase de rejet, le modèle phonologique a remporté un franc succès, et a été reconnu comme la méthode scientifique pour dégager le matériel phonique des langues.

L'école de Copenhague et la glossématique

L'école de Copenhague et la glossématique

Deux linguistes danois, Louis Hjelmslev et Knud Togeby, ont repris de l'enseignement de F. de Saussure l'idée que la langue est une forme et non pas une substance, créant la glossématique (du grec glôssa signifiant «langue») et s'efforçant de construire une sorte d'algèbre de la langue considérée comme pur jeu de différences. Sur le modèle du cercle de Prague, L. Hjelmslev crée, en 1931, le cercle linguistique de Copenhague. Les Prolégomènes à une théorie du langage (1941) restent son texte le plus important. Dans cette approche épistémologique, seule la présentation du couple connotation/dénotation, reprise et transformée par Roland Barthes, a fait école.

La glossématique

La glossématique a été créée par Louis Hjemslev, d’après le grec, « glossa », pour désigner la théorie qui se donne la langue comme but en soi et non comme moyen. Elle préconise une connaissance immanente du langage ; la langue est considérée comme une structure fermée sur elle-même ; elle veut déterminer ce qui commun à toutes les langues humaines quelles qu’elles soient et ce qui fait qu’à travers diverses fluctuations une langue reste identique à elle-même. Fondée sur le principe d’empirisme, la description doit être sans contradictions exhaustive et la plus simple possible. Il faut donc abandonner la méthode inductive, qui prétend aller du particu-lier (les données) au général (les lois). Elle ne peut dégager que des concepts valables pour un système linguistique donné. La glossématique sera donc une méthode dé-ductive, qui procède à partir d’un nombre restreint d’axiomes rigoureux à la déter-mination de classes. S’appuyant sur Saussure, Hjemslev fait d la structure immanen-te de la langue l’unique objet de la linguistique. La langue n’est qu’une forme et non une substance : aucune idée, aucun objet ne préexiste à la langue ; chaque langue pratique un découpage original de la réalité. Par exemple le spectre des couleurs est une matière indépendante du réseau de signes que chaque langue instaure dans cet-te substance. Quant à la forme, elle représente les propriétés combinatoires des uni-tés qui résultent de l’analyse des signes. Ce type ne concerne pas seulement le con-tenu sémantique des langues, il a son correspondant au niveau de l’expression, de la manifestation sonore. On pourra ainsi parler de matière, de substance et de forme aussi bien sur le plan du contenu que sur le plan de l’expression.
La glossématique tend ainsi à attribuer à toutes les langues, comme caractère com-mun, le principe de la structure. Les langues se différencient simplement par la ma-nière dont s’applique ce principe.

Biographie Louis Hjelmslev

Louis Hjelmslev (Copenhague, 3 octobre 1899- 30 mai 1965), est un linguiste danois qui a prolongé les réflexions de Ferdinand de Saussure en fondant la glossématique. Maître indiscutable du Cercle linguistique de Copenhague ), il est l'un des pionniers du structuralisme et le fondateur de laglossématique, théorie linguistique de tournu-re structuraliste qui porte à ses ultimes conséquences les postulats du Cours de lin-guistique générale de Ferdinand de Saussure. Parmi ses œuvres il convient de citer : Principes de grammaire générale (1928), et Prolégomènes à une théorie du langage (endanois : Omkring Sprogteoriens Grundlæggelse) (1943).

Il fonde en 1937 avec Viggo Brøndal la revue Acta Linguistica, plus tard renommée Acta Linguistica Hafniensia ; c'était à l'époque la seule revue explicite-ment dédiée au structuralisme. En somme pour Hjelmslev la langue est un réseau de fonctions sémiotiques. A cha-que fonction sémiotique sont associés deux fonctifs qui sont les deux arguments que la fonction met en rapport c'est à dire forme du contenu et forme de l'expression. Ces deux formes n'existent qu'en vertu de la fonction sémiotique et prennent, sui-vant l'image de Hjelmslev, "la substance dans leur filet". Dans cette perspective la phonologie, classiquement définie comme étude des unités distinctives de l'expression phonique (les phonèmes) déterminées par leurs fonctions dans la langue, devient l'étude des formes de l'expression tandis que la phonétique qui les étudie en eux-mêmes (depuis la production des sons par l'appareil de la pho-nation jusqu'à leur perception par l'appareil auditif) devient celle de la substance de l'expression.

Le postulat du parallélisme (plus précisément de l'homomorphisme) entre plan de l'expression et plan du contenu ouvre alors la voie à une sémantique (communé-ment appelée structurale) par le simple transfert des distinctions (ou écarts différen-tiels) constatées au plan de l'expression à des distinctions au plan du contenu. En d'autres termes la forme repérée au plan de l'expression (dans lequel on dispose de procédures "objectives") est reportée au plan du contenu (qui n'est pas accessible à l'observation) et c'est précisément ce report qu'exprime la notion de fonction sé-miotique. Ainsi c'est la matérialité du signifiant qui sert de garant à une approche qui se veut positive et objective du signifié.

Les observations que nous avons faites sur le signe saussurien à propos de son rap-port à la dimension sociale du langage subsistent malgré l'élargissement conceptuel réalisé par le modèle hjelmslevien. Quelles sont la genèse et l'évolution des fonctions sémiotiques, par quels moyens et sur quels points d'appui sont elles modelées par cette force sociale dont parle Saussure sont des questions qui sont débattues dans un champ créé à cet effet (la sociosémiotique) où l'on s'efforce de repérer des corré-lations entre structures linguistiques et structures sociales. L'existence même d'un tel champ et d'une telle problèmatique ne fait probablement que traduire une certaine incapacité de la conceptualisation originelle à rendre compte des pratiques langagiè-res couramment observées.


Les Apports à la Linguistique


  • La langue comme un instrument de communication.
  • La principale fonction du langage est la communication.
  • Complété la partie phonologique de la linguistique.
  • créer un nouveau mot completement différent avec un seule modification, c´est la différence majeure entre les systémes de communication utilisés entre animaux et ceux utilises par les humaines.